La
Dépêche du Midi
Article paru le 21/02/2005
par Gireg Aubert
AUDE
- ORDURES. DÉBUT DE MOBILISATION DES RIVERAINS AUTOUR DU SITE CHOISI
LE SMED INFORME ET S'EFFORCE DE RASSURER.
CET à Lassac : les riverains se mobilisent
L'année 2005 a commencé dans un relent d'ordures. Début janvier, Michel Monnier, le maire de Narbonne, décidait de fermer les portes du Centre d'enfouissement technique (CET) des ordures ménagères aux camions venus de l'ouest audois. Conséquence immédiate, l'accumulation des déchets dans les zones de stockage transitoire, puis, peu à peu dans les villes. Michel Monnier s'appuyait sur la fin de la convention qui liait sa commune, la société Sita-sud, gestionnaire du site et le syndicat départemental des ordures ménagères (Sydom 11). Concrètement, à compter du premier janvier, il n'était plus tenu de recevoir les ordures de l'ouest.
Mais la décision de Michel Monier était surtout provoquée par le retard pris par le Syndicat mixte d'études pour l'élimination des déchets (SMED). Depuis des mois, celui-ci faisait traîner sa décision pour le choix d'un deuxième CET.
À la mi- janvier, poussé par les circonstances, le SMED s'est finalement prononcé. C'est le site de Lassac sur la commune de Sallèles-Cabardès, qui accueillera le deuxième CET. Une capacité de stockage estimée à deux millions de tonnes de déchets. De quoi voir venir pendant vingt. À condition que les Audois réduisent leur production
LES MANOEUVRES DE SÉDUCTION COMMENCENT
Côté SMED, les manœuvres de séduction ont commencé. Dans les villages concernés, un médiateur tient des permanences d'information. On insiste sur le caractère novateur du futur CET et l'impact limité sur la vie dans la vallée. Pour mémoire, le site a longtemps connu une activité industrielle. Les mines d'or de Salsigne, aujourd'hui fermées, ont laissé des terrils et des résidus toxiques dans le sol, en cours de dépollution.
La population locale est loin d'être unanimement acquise au projet. En bordure de la route qui mène au site apparaissent déjà quelques tags «No aux ordures».
Deux collectifs se sont constitués à Lastours et dans le canton de Conques. Une réunion publique d'opposants au projet a réuni 120 personnes vendredi soir à Lastours. Un premier pas avant la constitution d'une association.
Malgré
les dénégations du SMED, on craint les pollutions liées à une activité
industrielle sur le site. Sans compter l'accroissement du trafic de camions et
les risques d'une moins-value sur le patrimoine foncier. Premier
point d'achoppement, le manque de concertation. À Lastours, Jean-Louis Teissié
dénonce certaines incohérences. «Le site de Lastours a été valorisé pour
le tourisme avec l'argent du Conseil général. Aujourd'hui, le même Conseil général
investit dans un projet qui va nuire à notre économie.»
Dans tous les cas, après le choix du site, plusieurs étapes sont encore nécessaires. Avant que le préfet accorde l'autorisation d'exploiter, il faudra en passer par une phase de consultations aussi bien des certains services administratifs (police de l'eau, DDE, DDASS) que des collectivités. À travers les décisions des conseils municipaux, les populations riveraines seront donc consultées. C'est sur cette carte que les opposants comptent jouer à terme... Le bras de fer ne fait que commencer.