| Solidarité avec Atenco |
Depuis le mois d’avril la municipalité PRD de Texcoco (Etat de Mexico, Mexique) a multiplié les agressions contre les paysans pauvres qui venaient vendre leurs produits au marché, dans le but délibéré de débarrasser la ville de tout commerce informel, alors que par ailleurs elle favorise les implantations de magasins transnationaux (comme Wallmart, etc…). Le 2 mai à Texcoco, une manifestation de protestation des habitants et commerçants, est organisée par le Front des Peuples en Défense de la Terre d’Atenco (FPDT : Frente de Pueblos en Defiensa de la Tierra), qui avait mené une lutte victorieuse en 2001 contre la construction d’un aéroport.
Le 3 mai au matin, les commerçants du marché de Texcoco sont violemment expulsés par la police municipale et 4 floriculteurs venus d’ Atenco sont arrêtés. A la suite de quoi ont lieu des blocages de routes et des affrontements avec cette fois la police de l’Etat et la Police Fédérale Préventive (PFP). Il en résulte un mort, un garçon de 14 ans de la communauté d’ Acuexcomac, tué par une balle de calibre 38 (du même calibre que celui utilisé par la Police Fédérale), de nombreux blessés et une cinquantaine d’arrestations, dont le porte-parole du FPDT.
Le lendemain, la communauté de San Salvador Atenco est envahie par 3000 policiers qui s’introduisent dans les maisons sans ordre de perquisition, saccageant les lieux, brutalisant les gens et arrêtent quelques 150 personnes.
A ce jour le bilan est d’un mort par balle, de nombreux blessés dont plusieurs par balle (trois balles dans la tête pour l’un d’entre eux) un étudiant dans le coma pour avoir reçu dans la nuque une grenade lacrymogène, une vingtaine de disparus, 206 personnes incarcérées.
Des témoignages d’ emprisonné(e)s décrivent les brutalités et les saccages au moment des arrestations, et pendant le transport des prisonnie(re)s, les menaces de mort, les passages à tabac, les vols, les agressions sexuelles et les viols contre des dizaines de femmes.
Dans une lettre adressée aux organisations sociales du Mexique et du monde, des membres du FPDT(de San Miguel Cuautlinchán, Nexquipayac, Acuexcomac, Chiconcuac, Tezoyuca, Santa Catarina del Monte, Santa María Nativitas, San Miguel Tocuila, Santa Cruz, Chimalpa, Chiautla, San Andrés Rivapalacio, Texcoco, Tulantongo, Tequexquináhuac, San Miguel Tlaixpa, La Purificación, San Diego, Santa Inés, San Pedro Chaucingo, San Jerónimo, San Juan Totilapa, Zapotlán et San Salvador Atenco) rappelent que « depuis 2002 les autorités, qu’elles soient fédérales, de l’état ou municipales se sont fermées au dialogue, n’ont pas respecté les accords et ont répondu par une répression systématique, programmée et persistante » Ils disent qu’une centaine de prisonniers font une « grève de la faim de 96 heures pour demander la destitution du gouverneur de l’Etat Peña Nieto et des secrétaires de la Sécurité publique et de la police Judiciaire de l’Etat, et exiger la liberté immédiate et inconditionnelle de tous les détenus ».
L’EZLN s’est déclarée en alerte rouge dès les premiers jours, les caracoles sont fermés, l’autre campagne (La Otra) est interrompue et la caravane demeure à San Salvador Atenco pour participer à la solidarité. Le Congrès National Indigène réuni ces jours-ci a exprimé son soutien au FPDT.
Après les intimidations, arrestations, agressions dont ont été victimes dans de nombreux Etats du pays des participants à l'Autre Campagne lancée par les zapatistes, les événements de San Salvador Atenco (qui avait reçu l'Autre Campagne il y a quelques jours : on peut se demander si la coïncidence des dates n'est que le fruit du hasard ou une volonté de punir de plus en plus durement tous ceux qui marquent leur soutien à l'Autre Campagne) montrent que le gouvernement mexicain est prêt à la logique du pire, à utiliser la répression la plus féroce contre ceux qui luttent en bas, à gauche.
Pétition :
Nous tenons à témoigner notre totale solidarité avec la population de San Salvador Atenco luttant pour des conditions de vie digne et juste.
Nous protestons de la manière la plus forte contre l'escalade répressive à laquelle se livre le gouvernement mexicain
Avec la population de San
Salvador Atenco, nous exigeons :
- La libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes arrêtées
- Le retrait des forces policières des villes de San Salvador Atenco et Texcoco
Nous resterons extrêmement
vigilants à l'évolution de la situation à San Salvador Atenco et prêts à témoigner
notre solidarité.