Nous
vous transmettons le dernier communiqué d’Askatasuna, association de soutien
aux prisonniers politiques basques, dont le porte-parole a été interpellé
mardi matin. Nous sommes toujours sans nouvelles, et il est actuellement
maintenu au commissariat de Bayonne.
D’autre part, nous vous informons que Marixol Iparragire a cessé sa grève de
la faim et de la soif depuis son transfert à l’hôpital de Fresnes.
Nous continuerons à vous tenir informés
Solidaires
du Peuple basque en lutte – Paris
spblparis@aol.com

14
Bourgneuf Karrika 64100 Baiona /
14 carrèra deu Borg nau 64100 Baiona
Tel / Fax : 00 33 5 59 59 01 84
askatasuna.eh@free.fr
Conférence
de presse :Utz Euskal Herria bakean errepresioa ez da bidea
Alde hemendik
A
propos des arrestations :
Nous allons dans un premier temps vous rappeler le déroulement de la journée
d’hier.
Hier à 6h du matin J.F Lefort “Lof” et sa compagne Maialen Carrere ont été
interpellés au domicile de cette dernière.
Après 4h de perquisition dans l’appartement, ils ont emmené J.F Lefort à
l’ancien local d’Askatasuna où, ils ont également perquisitionné pendant
plus de 4h. Puis ils ont terminé au bureau d’Askatasuna, où ils sont restés
aussi plus de 4h . Au total 13h 30 de perquisition.
Les familles nous ont fait part de leur inquiétude sur l’état moral et
physique de leur parent, aucune information ne leur étant communiquée.
Ils sont rentrés en toute impunité dans nos locaux. En effet, aujourd’hui,
les lois Perben 2 donnent un statut légal à l’impunité : ils peuvent
rentrer dans n’importe quel local ou appartement sans témoin, et
perquisitionner. Rappelons l’incident qu s’est récemment passé à Orly. Un
paquet d’explosifs a été disimulé dans le sac d’un voyageur, afin de
simuler un exercice de recherche, et le paquet a disparu. Qui avait donné
l’autorisation aux policiers de cacher ces explosifs dans ce sac? Cet incident
démontre qu’aujourd’hui le pouvoir policier est de plus en plus grand.
Dans le cadre de la perquisition qui s’est déroulée, hier dans les locaux
d’Askatasuna, nous n’avons aucune certitude, ni sur ce qui a été emmené,
ni sur ce qui aurait été amené : caméra, micro... Notre local se trouve
peut-être sous surveillance audio et vidéo, qui peut nous le dire?
Pourquoi a-t-on arrêté J.F Lefort le jour du sommet franco-espagnol ? Ce
n’est sûrement pas une coïncidence, mais plutôt une marque de la bonne
volonté de l’Etat français envers son homologue espagnol. Les méthodes
appliquées lors de l’opération d’hier ressemble à s’y méprendre aux méthodes
utilisées par la police espagnole : l’entrée dans des locaux, y prendre ce
qu’ils veulent, criminaliser les militants politiques et le mouvement auquel
ils appartiennent.
Cette arrestation ne nous empêchera de continuer notre travail : des rafles,
des arrestations, des incarcérations n’ont jamais eu raison de notre détermination,
nous avons toujours été là pour dénoncer toutes formes de répression,
toutes les atteintes aux libertés fondamentales, dues aux citoyens et au peuple
basque. Nous continuerons sans faiblir, aujourd’hui plus que jamais, nous
affirmons que nous serons là demain, quelle se soient les personnes arrêtées.
Nous continuerons jusqu’à obtenir une résolution politique au conflit que
vit Euskal Herria.
On
l’affirme une fois de plus que l’on vit des journées noires.
- la liste des victimes de la dispersion s’allonge. Ce sont des meurtres
programmés. Les gouvernements maintiennent sciemment une politique criminelle :
16 morts. Ce week-end, 1 mère de famille est morte sur les routes de la
dispersion : Karmele Solaguren, dont les obsèques se sont déroulées à 12h
aujourd’hui.
- Nous tenons de nouveau à rappeler que tous les partis, mouvements, par leur
passivité ou leur accord tacite qui soutiennent et cautionnent cette politique,
sont eux aussi les responsable de la mort de Karmele Solaguren.
- Les prisonniers politiques basques subissent, plus que jamais, dans leur chair
cette gestion répressive et policière du conflit politique basque. Eloigné(e)s,
dispersé(e)s, isolé(e)s, leurs droits politiques sont niés et bafoués.
Marixol Iparragire vit aujourd’hui cet acharnement contre les prisonniers
politiques basques. En grève de la faim et de la soif depuis 8 jours, face à
un mur d’indifférence et de mépris, Mme le Juge Levert est la principale
responsable de cet état de fait, ainsi que l’administration pénitentiaire.
Elle a ordonné l’incarcération de Marixol Iparragire à la maison d’arrêt
de Gradignan, la soumettant à un isolement strict et inhumain.
L’administration pénitentiaire a appliqué les ordres à la lettre. Marixol a
été victime de mauvais traitements de la part des fonctionnaires. Cette
attitude est intolérable. Marixol a été transférée à l’hôpital pénitentiaire
de Fresnes, et son état nous inquiète au plus haut point. Mikel Antza, le
compagnon de Marixol et les autres prisonnières politiques basques incarcérées
à Fresnes sont entrés en grève de la faim, pour se soutenir Marixol. Nous
venons également d’apprendre le transfert de la prisonnière politique basque
Maite Juaros depuis Nantes à la maison d’arrêt de Gradignan. Sa situation
nous préoccupe grandement au vu de ce qu’a subi Marixol Iparragire.
Les
raisons ne manquent pas pour se mobiliser :
- dispersion
- peine de mort
- arrestations sans fin
- liberté d’association et les autres libertés bafouées
- locaux fouillés : nous venons d’apprendre que le local d’Askatasuna à
Garazi a été perquisitionné par la police sans que personne ne soit présent.