Communiqué de presse d'Askatasuna
Jean-François Lefort, Lof, porte-parole d’Askatsuna a été Incarcéré à la Santé lundi 13 décembre.
Transféré à Paris, samedi 11, il a finalement comparu devant la juge Marie-Antoinette Houyvet lundi 13, à 18h15. 300 personnes avaient manifestant à Baiona contre cette arrestation vendredi 10.
Il a été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. » Askatasuna dénonce cette incarcération « ne se basant que sur d’uniques déclarations réalisées par Robert Arricau, (arrêté la semaine précédant l’arrestation à Pau) qui ont très certainement été obtenues par la pression exercée par les forces de l’ordre. » Pour l’association « on comprend la véritable mise au secret pendant près d’une semaine subie par Robert Arricau. » Ce dernier a finalement été retrouvé à la prison de Tours par sa famille, qui a passé une semaine à le chercher.
Pour l’association, « la présomption d’innocence a une fois de plus été totalement piétinée. » Cette opération, menée le jour de l’ouverture du Sommet franco-espagnol, « permet aux autorités françaises de mettre en place une véritable campagne de criminalisation d’Askatasuna. » « Officiellement » ce ne serait donc pas sur la base du mandat d’arrêt international émis par Garzón, dans le cadre du Dossier 18/98, que J-F.Lefort aurait été arrêté (le juge Garzón avait étendu le délit d’association de malfaiteurs aux membres des Gestoras Pro Amnistia et d’Askatasuna. Juan Mari Olano, porte-parole des Gestoras avait été arrêté, détenu et extradé vers l’Espagne). Néanmoins, des dépêches de l’AFP, indiquent que s’il avait été remis en liberté par le Juge de la Détention et des Libertés, le mandat espagnol aurait été appliqué à son encontre. Le précédent mandat d’arrêt européen contre les trois de Segi a créé une situation juridique particulière. La Cour de Cassation avait conclu que la France ne peut livrer « ses » ressortissants pour des faits commis sur le territoire français.
Askatasuna « ne doute pas une seconde que la portée de cette opération réside dans le fonctionnement d’Askatasuna, d’où la perquisition de nos locaux. » Askatasuna a révélé que ses locaux de Garazi avaient été eux aussi perquisitionnés le jour de l’arrestation, sans que l’association n’en soit informée. « Aujourd’hui, les lois Perben II donnent un statut légal à l’impunité: ils peuvent rentrer dans n’importe quel local ou appartement sans témoin et perquisitionner. » Askatasuna a noté les similitudes existant selon elle, entre les méthodes de la police française et espagnole. L’association de soutien aux prisonniers politiques entend bien « continuer sans faiblir » son travail « jusqu’à obtenir une résolution politique du conflit. » Et de rappeler ce que subissent actuellement les prisonniers politiques et leurs familles : Karmele Solaguren, morte « sur les routes de la dispersion », alors qu’elle rendait visite à son fils prisonnier, Marixol Iparagirre, qui a mené une grève de la faim et de la soif, contre ses conditions de détention, la politique de dispersion « et les arrestations sans fin. » Nombreux soutiens à Askatasuna Anai Artea s’interroge : « s’agit-il du traditionnel paquet cadeau qui clôture chaque rencontre franco-espagnole au niveau le plus élevé ?
Jean-François Lefort répétait-il trop souvent et trop fort ce qu’Amnesty International vient de dénoncer, le fait qu’on torture encore en Espagne, plus d’un quart de siècle après la mort de Franco ? »
Pour le Comité Solidarité Basque de Lille, « sommet franco-espagnol = opération policière contre les basques. » Il note que « cette opération marque la volonté de l’Etat français de satisfaire » les demandes espagnoles : « criminaliser une organisation, ses militants engagés dans la dénonciation de l’etat d’exception qui sévit en Pays Basque. » Et de s’interroger « aujourd’hui les Basques. Et Demain? » Le Comité Solidaires du Peuple Basque de Paris dénonce « les atteintes à la liberté d’association dont est victime Askatasuna, ainsi que le mépris affiché par Paris pour les droits individuels des citoyens basques. » Le CAR Corse (Comité anti répression) apporte lui aussi « son total et fraternel soutien à Askatasuna » qui « met en évidence la logique répressive qui anime les deux pays. » Skoazell Vreizh, le Secours Breton, « exige de savoir ce qui a pu conduire des fonctionnaires français à effectuer cette arrestation d’un militant connu et respecté, les interdictions espagnoles n’ayant aucune raison d’être appliquées sans décision juridique en France. »
14/12/04
Plus
d’info :
·
sur Jean-François Lefort : http://ekaitza.free.fr/index.htm
·
sur Robert Arricau : http://www.anaram.org
Source : Infozone