Le 22 mars dernier, jour de la grève des marins contre le RIF, pavillon bis français, un représentant d'un syndicat de marins et une équipe de télévision en caméra cachée, veulent monter à bord du Léon Thevenin, navire basé à Brest, appartenant à France Telecom Marine.
De garde, pour contrôler les entrées, se trouve un marin malgache, arrivé 3 semaines plus tôt de Madagascar. C'est son premier embarquement, la première fois qu'il vient en France.
On peut imaginer que 3 personnes françaises et déterminées sauront trouver les mots pour que le marin malgache les laissent passer.
Les journalistes tournent en caméra cachée.
France Telecom Marine découvre le reportage sur les écrans de télévision.
Sanction immédiate : le commandant français du Léon Thevenin est suspendu une journée, le marin malgache 60 jours.
Il est renvoyé à Madagascar où selon France Telecom Marine il doit suivre une formation appropriée avant de pouvoir revenir sur le Léon Thevenin.
Contacté à Madagascar, le marin a déclaré ne pas suivre la formation en question et être en attente d'un autre embarquement.
Il ne veut pas être défendu car il craint trop d'être placé sur liste rouge.
Alors que le smig malgache est d'environ 40 euros mensuels, on propose aux marins malgaches embarqués sur les navires de France Telecom Marine un contrat de travail où le salaire journalier pour un marin embarqué est de 4 euros par jour, soit 120 euros mensuels.
A ce contrat est ajouté un addendum qui spécifie que le marin recevra de la caisse bord une somme mensuelle de 491 euros auxquels sont retenus d'office 18 euros (chaque mois) de cotisation au syndicat international ITF représenté en France par la CFDT.
Si on estime à environ 7 000 les navires étant sous contrat ITF dans le monde, à 20 marins l'équipage moyen par navire, cela nous donne 140 000 marins venant de pays en voie de développement pour la plupart.
Si ITF prend d'office, ponctionnés à la source par les armateurs, 18 euros par marin et par mois, cela fait 2 520 000 euros qui rentrent chaque mois dans les caisses du syndicat. Juteux les exploités.
A ce tarif là, on pourrait penser que les marins sont défendus. A première vue ni ITF ni la CFDT n'ont bougé plus qu'un cil pour le marin malgache.
A Brest nous sommes habitués à voir des commandants de navire condamnés par le tribunal pour rejets illicites d'hydrocarbures.
Ce n'est jamais un matelot ou un mécanicien qui est condamné, mais le commandant.
Qu'est-ce qui justifie de débarquer un commandant durant une journée et un matelot durant 60 jours pour la même faute ?
Le salaire du commandant a-t-il été amputé d'une journée ?
Le marin malgache ne touche plus les 473 euros payés par la caisse bord, peut-être plus les 120 euros du contrat de base puisqu'ils correspondent à un salaire journalier bord et qu'il n'est plus embarqué.
Il est passé instantanément de 593 euros à 120 ? 40 ? 0 ?
On apprécierait que France Telecom Marine s'exprime sur le sujet.