UN COLLÉGIEN DE PAU EN INSTANCE D'EXPULSION !
Rassemblement pour la libération immédiate de Samuel, jeudi 23 décembre à 15 heures devant la préfecture à Pau.
Samuel Johnson a 16 ans et demi. Orphelin, Ghanéen réfugié en France depuis plusieurs mois, placé par le juge des enfants dans un foyer de la région paloise, excellent élève assidu au collège Jeanne d'Albret depuis la rentrée de septembre dernier, il ne présente aucun danger ni aucune menace pour notre pays.
Le 18 novembre à 9 heures 45, trois fonctionnaires de la Police Aux Frontières viennent l'arrêter à l'intérieur du collège. Ses camarades de la classe qu'il a dû quitter brutalement pendant le cours sont traumatisés. Le personnel, et particulièrement les enseignants du collège, est choqué, indigné.
Il est ensuite interné au centre de rétention administrative d'Hendaye, puis dans celui du Mesnil Amelot, à proximité immédiate de l'aéroport de Roissy. Comme il est mineur, la police ne peut pas l'expulser. Elle demande au consulat du Ghana un laissez-passer pour le Ghana pour Samuel. Le consulat le fournit, en indiquant la date de naissance de Samuel, car il ont reconnu leur ressortissant.
Chou blanc pour la police car le document indique que Samuel est mineur. Qu'à cela ne tienne. Elle fait pression sur le consulat pour obtenir un nouveau document et exige « qu'il soit conforme aux examens radiographiques que nous lui avons fait subir » ! C'est à dire qu'ils veulent faire primer un examen radiologique sans valeur scientifique, et très discutable, sur deux papiers officiels indiquant l'âge de Samuel.
Il faut absolument que Samuel apparaisse comme majeur pour pouvoir être expulsé, et il faut expulser Samuel pour emplir le quota d'immigrés à expulser.
Malheureusement les pressions sont efficaces et le consulat fournit,
paraît-il (personne ne l'a vu), un nouveau laissez-passer avec une date de
naissance « convenable ». Vendredi 16 décembre, Samuel doit être expulsé. Il
refuse de monter dans l'avion. Il est placé en garde à vue. Il est présenté
à un juge qui l'inculpe pour entrave à procédure administrative. Il risque
trois mois de prison.
Un cas parmi tant d'autres, dans tous les départements de France. Mais celui-ci, c'est chez nous, et nous pouvons exprimer notre refus et notre indignation.
Le silence et l'acceptation d'aujourd'hui, c'est l'arbitraire et l'oppression de demain !
Nous invitons chacune et chacun d'entre vous à faire connaître cette situation inacceptable. Nous vous invitons à demander à vos élus d'intervenir pour faire libérer Samuel pour qu'il puisse reprendre les cours et ne pas croupir en prison.
Nous vous appelons à participer nombreux au rassemblement pour la libération immédiate de Samuel, jeudi 23 décembre à 15 heures devant la préfecture.
FSU, CGT, UNSA, SGEN-CFDT, FCPE, CIMADE, MRAP, Collectif pour le respect de droit des étrangers.