Rencontres de la gauche européenne
- Ziburu (EH) - juin 2004 :
Le 29 mai prochain le référendum
sur le traité constitutionnel aura lieu dans l’état français.
En juin 2004, à l’initiative
de Batasuna, se sont tenues à Ziburu (Euskal Herria) les rencontres de la
gauche européenne. De cette rencontre a été publié le texte suivant contre
le projet constitutionnel.
Afin de s’opposer à cette
constitution sur les bases du droit à l’autodétermination,
internationalistes de gauche sans mêler un tel " non "à
celui des souverainistes français qu’ils soient de gauche (LCR, LO, MDC,
PCF..) ou de droite (Villiériste, FN …), nous reprenons ce texte afin de présenter
un appel commun européen de mouvements et partis politiques européens
soutenant l’argumentaire suivant.
En tant que peuple
- le traité constitutionnel affirme que les états
sont les véritables et seuls sujets de droit, et cela va à l’encontre
des peuples et des personnes. Toute constitution n’incorporant pas le
droit à l’autodétermination des peuples, condamne les nations sans état
à la disparition ou à l’assimilation. Ainsi l’UE nie la diversité des
peuples qui la constituent et transforme l’Europe en une prison pour les
peuples qui ne disposent pas d’état propre.
- Le traité constitutionnel en reconnaissant de
façon officielle seulement les langues et cultures des états dominants nie
la diversité linguistique et culturelle. Le traité viole les droits
linguistiques et culturels de millions de citoyens européens
En tant que classe
- Le traité n’incorpore pas la reconnaissance
des droits sociaux de tous les habitants résidant dans leur territoire,
qu’ils soient d’origine européenne ou non, puisqu’il n’inclut pas
la dernière rénovation de la charte de Torino. De cette façon, de
nombreuses conquêtes sociales reconnues dans différentes constitutions
actuellement en vigueur seront laissées de côté : les droits à un
emploi digne, à la protection sociale, au logement, à la couverture
sociale, seront progressivement éliminées en application de toute
constitution approuvée. Le traité constitutionnel garantit seulement les
droits du capital, des secteurs financiers et de la classe patronale.
- Le traité défend le modèle d’intégration
économique néo-libérale, en favorisant la privatisation des services
sociaux fondamentaux, tels que la santé, l’enseignement, l’assistance
sociale, l ‘énergie, l’eau. La seule alternative réelle qu ‘elle
propose est celle du secteur privé qui renonce à l’universalité des
services sociaux.
- Le traité ne garantit pas la participation
des citoyens dans sa gestion et contrôle, et il établit une politique
d’immigration qui nie les droits les plus fondamentaux aux personnes
immigrant dans l’UE. En réalité, en refusant les droits pour tou(te)s ,
indépendamment du pays d’origine, le traité établit deux catégories de
citoyens résidant dans l’Union.
- Le traité n’intègre pas non plus la parité
de genre ni l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. IL ne
prend pas de mesures légales destinées à cette égalité, c’est-à-dire
qu’il régularise la discrimination de genre. De plus les membres de la
convention ont situé la parité hors des valeurs de la future Union Européenne.
- Le texte constitutionnel proposé ne garantit
ni la défense de l’environnement, ni le droit à un environnement propre
et sain pour pour tous les citoyens, ni le droit des consommateurs, en établissant
une politique sans aucun rapport avec le développement soutenable qui
pourrait assurer un futur pour l’écosystème des nouvelles générations
En tant que démocrates et
anti-impérialistes
- Le traité répond à une stratégie
strictement militaire et de réarmement. Cela implique que les frais
militaires augmenteront au détriment des frais sociaux, puisque la mise en
marche de la future armée européenne exigera des dépenses milliardaires
qui profiteront seulement aux entreprises d’armement. Sa mise en marche
intensifiera en plus le nouvel impérialisme européen à travers le monde,
puisque les forces armées européennes garantiront les intérêts des
multinationales européennes.
- Le cadre constitutionnel que l’on nous
propose établit que les états membres joueront surtout le rôle de garant
de la sécurité interne de l’UE. L’espace de sécurité européen entraînera
la limitation des libertés fondamentales au nom de la sécurité, de la
justice et de la liberté. Les états dominants imposeront la pensée unique
et réprimeront toute dissidence interne européenne au détriment de la démocratie
et de la liberté d’expression.
- Il est évident que le traité établit la
politique de défense préventive tant dans sa politique de défense
internationale comme sa défense interne. Une politique égale à la
politique de défense des états-unis, bien que dans ce cas concret, cette
politique se mène de la main de la coupole politique et militaire européenne.
En ce sens, dans le cadre du traité, l’OTAN se maintiendra comme le
centre de coordination de la politique mondiale, bien que l’armée européenne
maintienne une certaine autonomie militaire.
Les signataires de cet appel
souhaitent rajouter au texte initial leur volonté de reconnaissance du statut
de prisonnier politique à tous les camarades emprisonnés pour leurs idées
politiques progressistes et leur lutte quotidienne pour la reconnaissance de
leurs droits.
