Clicatz entà d'agranirÀ l’occasion du premier concert de la nouvelle tournée des Goulamas’K,  et de la sortie de leur nouvel album “Gardarem La Terra”, ce soir à Roujan dans la garrigue biterroise, Fred, un des chanteurs du groupe a bien voulu discuter avec nous pour Anaram Au Patac.

AAP : Ce nouveau CD par rapport au premier, les changements de musicos, quelle logique pour ce nouvel album ?

GK : la logique, c’est qu’il y a des musiciens qui se fatiguent ou qui ont envie de faire autre chose, style Valentin le trompettiste avait envie de faire du jazz donc il a dit, je vous quitte en cours de route, d’autres musiciens sont rentrés. C’est la vie d’un groupe. Des fois je me dis, ça fait comme les mariages, les couples, tu sais quand ça commence, tu sais pas quand ça finit ni comment ça finit. Après, on essaie que ce soit toujours des gens de la garrigue et voilà, même s’ils sont nés à Paris, l’important, c’est qu’ils habitent la garrigue.

AAP : Musicalement, trouves-tu qu’il y ait eu beaucoup de changements au niveau de l’évolution du répertoire ?

GK : Ouais, on a quand même fait un travail de pré-production avec Gambeat, le bassiste de Radio Bimba. C’est vrai qu’il nous a un peu montré où étaient nos faiblesses. On avait des morceaux qui étaient biens, qui tournaient bien mais qui étaient surchargés et vraiment on avait du mal à respirer dedans, et c’était tout à fond. À un moment donné, tu t’épuises. On essayé d’appliquer son histoire à lui, sur notre histoire à nous, par ce que bon, il est pas question que les Goulamas’k fassent la musique que quelqu’un leur dicte. Mais on a trouvé de bonnes choses dans ce qu’il nous a expliqué et on les a mises dans notre sauce ce qui fait le résultat de ce soir et dont tu peux témoigner puisque tu étais là (j’en témoigne "AAP" ndlc).

AAP : Au niveau du public visé, au niveau de vos fréquentations, de vos amis, notamment Fermin Muguruza et d’autres dans la même lignée, êtes-vous toujours dans cette même logique ?

GK : On est toujours dans la même logique. À la base, on a monté le groupe pour dénoncer des choses, pour gueuler contre cette société qui nous va pas du tout. On n’a pas la prétention de dire qu’on va la faire évoluer, mais si on peut mettre notre petit grain de sable dans ce mécanisme, si on touche des gens et qu’on fait évoluer les mentalités...  Des jeunes, et peut-être des moins jeunes, déjà on aura gagné quelque chose. Puis, t’as vu ce soir il y a autant de jeunes que de gens de soixante ans, peut-être pas autant, mais ils y en avait pas mal. Ils viennent parce qu’ils se sentent touchés par ce qu’on dit. Quand on parle de Révolution et compagnie, ça les touchent, ça leur rappelle leur jeunesse.

AAP : Ce soir notamment, t’as parlé un petit peu de la Constitution Européenne ?

GK : Je me suis fait un petit plaisir. Après, chacun fait comme il veut, mais cette Europe-là qu’on nous propose, à nous elle nous va pas du tout. Nous, au début, on croyait que l’Europe, c’était pour rassembler les gens et pas  pour les désunir et que le gros capitalisme une fois de plus se place en avant et profite quoi.

AAP : Par rapport à çà, ne crois-tu pas que les Goulamas’K vont être obligés de faire le grand écart par rapport au projet Gardarem La Terra, en sachant qu’il y a une quantité de gens se disant occitanistes et qui prônent ouvertement le oui, se compromettent dans le oui à côté des Verts, à côté d’un tas d’autres. Et quand même, vous y êtes pour pour beaucoup dans Gardarem La Terra et la Caravane Occitane. On sait très bien que du côté basque, breton, catalan, les radicaux prônent le non clairement. En ce qui concerne Gardarem La Terra et la Caravane Occitane, il peut pas y avoir de position nette, et vous bien engagés là-dedans comment allez-vous faire ?

GK : Et bien tout simplement, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Dans la Caravane Occitane, on était des caravaniers comme les autres. On sait faire de la musique, donc on en a profité pour en faire, pour animer tout çà, mais on en est pas les instigateurs. Après, au niveau des occitans qui prêchent le oui, et béé, si en discutant avec eux, on arrive à leur faire comprendre que, oui mais quoi ? S’il y en a quelques-uns qui changent d’avis ça sera bien, mais on va pas taper sur la gueule des gens s’ils pensent oui.

AAP : Tout à l’heure, j’ai eu l’occasion de parler avec un militant du Partit Occitan, qui m’a dit que le communisme c’était râpé et que maintenant, il fallait viser vers un libéralisme social ?

GK : Ouais, tu sais, là-dessus... le libéralisme social, pour quoi faire ?...

AAP : avant, y’en avait qui parlaient de National-Socialisme ?

GK : Oui oui, j’ai bien compris. Ça sert à rien. Puis bon, ça changera rien. Ils en reviendront. Si les gens n’ont pas compris à l’heure actuelle, ce qu’est l’Europe, et béé dans deux générations, ils en reviendront. Même si le non passe en France, ce que j’espère, ça va rien changer. Parce qu’ils s’arrangeront par des chemins détournés à ce que ce soit en forme de oui et que ce soit encore les mêmes qui soient emmerdés, que ce soit les mêmes qui l’aient dans l’oignon.

AAP : Ça, c’était pour te taquiner un peu, mais musicalement bien que le public apprécie vos positionnements politiques, les projets de tournée, en Gascogne du côté de Pau, mais aussi du côté de Carcassonne, parce qu’on vous attend ?

GK : Et ouais, on aimerait bien venir mais pour ça, il faut pour cela que les organisateurs nous contactent, nous appellent. Claudie fait un gros boulot là-dessus mais avec la sortie de l’album, parce qu’on l’a autoproduit, ça fait vachement de boulot. Je sais que l’Astronaute de Carcassonne serait intéressé, faut voir avec les dates. Après je sais qu’on va jouer à Bayonne, le quinze avril, on va jouer aussi dans les Landes. Mais dans le Carcassonnais rien n’est arrêté et c’est dommage.

AAP : Il faut qu’on se décarcasse ?

GK : On aime bien la Haute-Vallée (de l’Aude ndlc).

AAP : moi aussi. Et merci à toi Fred, en espérant revoir les Goulamas’K le plus rapidement possible.

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