15ème Journée Internationale de soutien aux prisonniers politiques palestiniens
Libération des 8000 prisonniers politiques palestiniens !
Libération des prisonniers politiques palestiniens : des promesses non tenues
A Charm el Cheihk le 8 février 2005, les responsables palestiniens exigeaient,
en contrepartie d’une pause dans la résistance armée, que les Israéliens,
outre l’allègement des conditions insupportables d’occupation, libèrent
les prisonniers politiques palestiniens.
Le gouvernement Sharon s’est engagé à en libérer 900. 500 l’ont été fin
février. Si du côté palestinien l’engagement d’une trêve jusqu’à la
fin 2005 est appliqué, côté israélien, rien ne bouge depuis cette libération.
Les 400 autres prisonniers attendent toujours de sortir.
600 autres Palestiniens ont depuis été arrêtés par les forces israéliennes
et sont détenus.
8000 prisonniers politiques palestiniens
Pourtant quelque 8000 prisonniers palestiniens, dont des enfants et des malades,
deux élus du Parlement palestinien -les députés Marwan Barghouti kidnappé à
Ramallah en avril 2002 et Hussam Khader, arrêté chez lui en avril 2003 au camp
de réfugiés de Balata- et un membre du comité exécutif de l’OLP -Abdul
Rahim Mallouh- et des dirigeants de formations politiques, moisissent toujours
dans les prisons israéliennes : centres d’interrogatoire, prisons centrales
ou camps militaires en Israël et, en Palestine occupée, camps militaires ou
colonies de peuplement.
Des conditions de détention inhumaines
Les prisonniers sont détenus dans des conditions scandaleuses, qui ont déclenché
la longue grève de la faim menée l’an passé. Près d’un an plus tard, les
conditions, d’arrestation et de détention, sont les mêmes, en violation
quotidienne du droit humanitaire et des droits humains :
- les humiliations lors des fouilles notamment, les coups, les mauvais
traitements, voire la torture sont des pratiques régulières. Les femmes sont
souvent mises dans des cellules avec des prisonnières israéliennes de droit
commun qui les brutalisent.
- les conditions d’hygiène et sanitaires sont déplorables, les
cellules insalubres. L’accès aux soins médicaux est réduit et la vie des
prisonniers malades est en danger.
- les détenu/e/s sont privé/e/s de visites, y compris de leurs avocats ; les
familles sont souvent sans nouvelles et ignorent parfois où sont détenus les
leurs, régulièrement déplacés d’une prison à l’autre.
350 mineurs détenus
Les enfants subissent directement la violence de l’incarcération. Depuis le début
de l’Intifada, 2000 enfants palestiniens ont été emprisonnés. Au 30 janvier
2005, 350 enfants mineurs dont 15 jeunes filles étaient emprisonnés.
Parmi les prisonniers, 6 ont passé plus de 25 ans dans les geôles israéliennes,
11 plus de 20 ans et 297 plus de 10 ans. Le plus ancien prisonnier Saïd Atabeh,
est en prison depuis 28 ans.
La plupart des prisonniers palestiniens ont été arrêtés au cours des
manifestations et des affrontements avec l’armée d’occupation pour jet de
pierres, ou kidnappés lors de rafles massives, ou accusés d’appartenir à
des organisations politiques " ennemies ". D’autres ont été arrêtés
pour faire pression sur les membres de leurs familles, recherchés par les
forces d’occupation, ou parce qu’ils ont dit vouloir mener des actions
contre l’occupation.
Des détentions visant à briser la société palestinienne
L’arrestation et la détention de milliers de Palestiniens, civils et
militants de la résistance, est une politique bien rôdée qui vise à
affaiblir la société et la résistance palestiniennes, à déstructurer la vie
familiale et sociale, à intensifier l’écroulement économique. La stratégie
de l’occupant dans sa guerre coloniale est évidente : faire plier le peuple
palestinien afin qu’il renonce à ses droits nationaux légitimes et à
obtenir l’application du droit international.
L’Etat français a les moyens d’agir
Les conditions d’une véritable trêve ont été posées clairement par la
direction et la population palestiniennes. Le droit n’est pas négociable :
tous les prisonniers doivent être libérés. Nous demandons au gouvernement
français qu’il fasse pression sur le gouvernement Sharon.
Des sanctions contre le régime colonial d’apartheid israélien
Sinon des sanctions, politiques, diplomatiques et économiques doivent être
prises, en demandant à l’Union Européenne de briser l’accord-cadre qui la
lie à Israël, en cessant toute collaboration économique et culturelle avec
Israël, tant que les droits humains, humanitaires et le droit international
seront bafoués par le gouvernement israélien et tant que durera cette
politique d’occupation coloniale et d’apartheid.
Mouvement
Justice pour la Palestine
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